"La palme de la réforme abracadabrantesque à ..."

Publié le par Le Collectif

De toutes les réformes menées à hue et à dia ces derniers temps dans l'Education, l'une bat tous les records d'abracadabrance: la masterisation, autrement dit la réforme de la formation des enseignants. Mal conçue au départ, extrêmement confuse, difficilement applicable, destabilisante pour les étudiants, inquiétante pour les élèves qui vont avoir ces jeunes profs, elle entre malgré tout en application à la rentrée 2010.

Difficile de résumer en quelques lignes une réforme que même ses concepteurs ne maîtrisent pas totalement. Le ministère de l'Education a en effet  confié aux Recteurs le soin de régler les ultimes "détails" comme ils le peuvent, notamment la délicate question de l'affectation du nouveau prof sa première année d'exercice.

Pour faire simple, la masterisation rend désormais obligatoire d'avoir un master (bac plus cinq), pour devenir prof. Jusqu'ici, il suffisait d'une licence, et bien sûr de réussir les concours - celui de professeur des écoles, de prof de lycée pro, le capes, etc.

Officiellement, le but est de mieux payer les enseignants en les recrutant avec deux années d'études en plus. Officieusement, le ministre de l'Education de l'époque Xavier Darcos, qui devait encore supprimer 16 000 postes, aurait trouvé cette astuce qui lui faisait économiser de façon mécanique  ... 16 000 postes. Avec la réforme en effet, une année de professeurs stagiaires, payés 1 300 euros par mois, disparaît. 

Les critiques sont de deux ordres. D'abord, la faisabilité. Désormais un étudiant qui veut devenir prof devra à la fois préparer son master, son concours, faire des stages pour découvrir le métier... Une mission quasi impossible. Du coup les universitaires craignent un master dévalorisé ou des concours trop allégés. Les syndicats enseignants (comme la FSU), étudiants, les parents d'élèves dénoncent, eux, une formation professionnelle quasi nulle. 

 Les autres critiques portent sur l'entrée dans le métier. Jusqu'ici, le prof qui venait de décrocher son concours, faisait une année en alternance, entre périodes dans des classes et périodes de formation pédagogique, généralement en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres).

Aujourd'hui, il va se retrouver tout de suite face à des élèves, avec un système de "compagnonnage" - un autre prof de l'établissement  va le suivre  -, et deux ou trois semaines de formation en milieu d'année...

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